spectacle d'été 2011

En quelques lignes

Le Médecin malgré lui est une farce réjouissante où le bûcheron Sganarelle, successivement mari dupé, faux médecin et marieur, réussira quelques jolis tours de force. Quand il aura battu Géronte, séduit la nourrice, acheté la confiance des tourtereaux Lucinde et Cléante, et risqué la pendaison, il n'aura plus qu'à faire la paix avec sa femme ! Le rire faisant fi des convenances, les serviteurs endossent ici l'habit des maîtres avec la bénédiction du spectateur. Trois actes qui correspondent à trois thèmes : la querelle de ménage, la satire de la médecine, l'intrigue amoureuse.

Après l'échec du Misanthrope, Molière revient au rire populaire de la farce et à l'un de ses personnages favoris, qu'il interprète lui-même, l'extraordinaire Sganarelle, dont l'exubérance et les capacités d'improvisation rappellent la folie des personnages masqués de la commedia dell'arte. Sganarelle offre à Molière une nouvelle occasion de critiquer les pseudo-médecins de l'époque, mais surtout la possibilité d'une revanche contre tous les rabat-joie sûrs d'eux, dont le vieux Géronte est ici la figure.

À travers la satire de la médecine de son temps, Molière dénonce toutes les institutions qui abusent de leur autorité et profitent de la naïveté des faibles, mais aussi la sottise de ceux qui obéissent aveuglément et ne voient pas au-delà des apparences. L'écho contemporain de cette pièce réside aussi dans la revanche des faibles contre les puissants, des femmes contre les hommes, et, dans une perspective sociale, de l'homme du peuple contre le bourgeois.