Sortie de scène

de Nicolas Bedos - du 13 février au 10 mars 2013

En quelques lignes

Dans "Sortie de scène", Monceau, un brillant écrivain, refuse l’image que lui impose son public. Il veut que son écriture serve, il repousse le succès en cherchant à atteindre l’épure. Il consacre son fiel à des essais polémiques et autres lettres ouvertes aux grands patrons, aux directeurs de chaînes et aux hommes politiques. La maladie lui laisse assez de souffle pour se disputer avec sa gouvernante qui ne craint pas de lui répondre. L'arrivée inattendue d'une jeune nièce dépressive va obliger ce misanthrope professionnel à aller refaire un tour du côté de l'humour.

Bedos écrit son texte avec des moyens traditionnels, moliéresques, saupoudrés d’humour et de cynisme. C’est que chez Nicolas Bedos, comme chez Monceau, on déguise son intimité derrière un humour noir défensif.

Il fut un temps où des pères comme Don Diègue envoyaient leur fils au casse-pipe à leur place. Certains mauvais esprits ajoutaient que l'exemple venait d'en haut, et même du Très-Haut. Puis on nous a appris qu'il était normal et nécessaire que le fils tuât le père afin de commencer sa vie d'adulte. Mais aujourd'hui, tout est remis en question. D'abord parce que personne n'a plus aucune certitude, ensuite parce que les pères ont bien changé, enfin parce qu'aucun père ne ressemble à Guy Bedos ! Nicolas Bedos écrit. Et la fable qu'il invente ne tient ni du règlement de comptes ni de l'hagiographie.

Chez Nicolas Bedos, la filiation dramatique est à chercher du côté de Molière et Anouilh. Molière pour la servante-maîtresse, forte en gueule qui ne craint pas son maître et lui sert crues ses vérités. Et Anouilh pour ce personnage d'auteur hypocondriaque qui joue au cynique désabusé et craque devant l'innocence.

Le poète se nourrit des autres, et Nicolas Bedos est un jeune homme qui sait observer ses proches. Dans Sortie de scène, il invente des personnages de chair, avec leurs contradictions et leurs humeurs. La réplique jaillit, acérée, car il maîtrise l'art du dialogue et construit une véritable comédie de mœurs. Le rire et la réflexion s’entrechoquent de façon inattendue.