Saison 2026-2027
Que feriez-vous si un yaourt disparaissait subitement de votre frigo ?
Pour Barnabé Leroux, 60 ans, veuf, expert-comptable extrêmement tatillon dans l’organisation de son quotidien, c’est un mystère tout autant qu’un drame.
Alors que son entourage le croit complètement givré, il s’entête, jusqu’à la paranoïa. Mais qui est le plus fou, dans cette histoire ?
Et si la disparition d’un yaourt pouvait changer le cours d’une vie ?... Tel est le point de départ de cette pièce, inspirée d’un faits-divers… Parce que la réalité est parfois bien plus folle que la fiction, Laetitia Colombani (autrice de « La Tresse ») s’est follement amusée à écrire l’histoire de Barnabé. Un homme maniaque et obsessionnel, qui depuis la mort de son épouse, vit seul et ne voit que rarement son fils. Son lien avec le monde extérieur se limite à une visite hebdomadaire chez sa psychanalyste. Une existence réglée au millimètre qui lui convient parfaitement, mais l’affaire du yaourt va obliger son fils à s’occuper de lui et va permettre de souligner la tendre complicité qui unit les deux hommes.
Un concentré de drôlerie loufoque. Une pièce réjouissante, cocasse et tendre.
« Drôle et tendre » - Le journal du Dimanche / « Une comédie tordante » - France Inter
Mise en scène : David Michels
Assistante : Catherine Laury
Scénographie : Renata Gorka
Costumes : Sophie Malacord
Musique : Laurent Beumier
Mathilde Bourguet
Jeremy Bruyninckx
Christel Pedrinelli
Pierre Pigeolet
L’envie de partager
Un titre interpellant, un sujet original, une comédie contemporaine…
Il n’en fallait pas davantage pour titiller ma curiosité.
Dans cette pièce, Laetitia Colombani donne vie avec tendresse et humour à un personnage que l'on serait tenté de comparer - à tort - au misanthrope du 21e siècle. L’autrice, avec le talent qu’on lui connaît, l'aborde avec un angle qui parlera à tous. Barnabé est insupportable tant il est pointilleux, méfiant et réfractaire au changement, et se révèle pourtant profondément humain, avec des failles qu'il tente de dissimuler comme nous tentons tous de cacher les nôtres. Certains se réfugient derrière l’humour d’autres dans l’isolement.
Voilà pourquoi j’ai eu envie de vous faire découvrir ce texte drôle et fin.
Pour ce faire, je me suis entouré de comédiens que je connais bien (cela rassure et facilite les échanges), mais aussi d’un acteur qui débute aujourd’hui au Théâtre Royal des Galeries.
Un peu comme dans la pièce, il ouvre ici une porte. C’est important, l’air doit circuler. J’y suis attentif depuis toujours.
Un autre précieux atout de la distribution n'est autre que Pierre Pigeolet, sans aucun doute l'un des acteurs les plus doués de sa génération. J’ai eu la chance (car c’en est une) de le mettre en scène souvent. Bien que nous nous connaissions depuis 30 ans, il parvient toujours à me surprendre, et c'est précieux.
C’est donc entouré par le talent et la bienveillance de toute cette équipe que j’ai le plaisir de vous faire découvrir ce texte. Puisse cette envie de partage faire des émules….
Et puis, n’oubliez pas que le kiwi est bon pour la santé…
David Michels
Entretien avec Laetitia Colombani
Vous vous êtes inspirée d’une histoire vraie pour écrire cette pièce, vous pouvez raconter ce fait divers ?
J’ai lu ce fait divers dans le journal en 2008. Il s’est passé au Japon. Un homme vivant seul s’est aperçu que de la nourriture disparaissait de son frigo en son absence. Décidant de placer une caméra de surveillance dans sa cuisine, il a découvert qu’une femme évoluait dans sa maison quand il n’était pas là. La police est intervenue pour confronter l’intruse : elle a alors avoué qu’elle vivait dans un placard de la maison…depuis presque un an.
C’est donc devenu Le Jour du kiwi qui est votre première pièce.
C’est ma première pièce en tant que telle, mais j’avais déjà travaillé pour la scène. En 2015, j’ai co-écrit avec France Gall et Bruck Dawitt le livret de la comédie musicale Résiste, sur les chansons de Michel Berger, mise en scène par Ladislas Chollat.
Vous êtes une autrice à succès, pourquoi avoir adapté cette histoire sous la forme d’une pièce plutôt que d’un roman ?
Il y a quelques années, j’ai décidé de faire un break, de prendre mes distances par rapport au cinéma. Cela faisait quinze ans que je travaillais dans ce milieu et j’avais envie d’explorer d’autres formes d’écriture. J’ai pris une année sabbatique pour écrire mon premier roman La Tresse, ainsi que Le Jour du kiwi. L’idée d’écrire pour la scène me trottait dans la tête depuis Résiste, j’avais envie de m’essayer à un exercice nouveau.
Qu’est-ce que cela change en termes d’écriture par rapport à un roman ? C’est un exercice complément différent ?
L’exercice en tant que tel est différent, même s’il s’agit toujours de raconter une histoire. Les ressorts dramatiques, les arcs d’évolution des personnages sont les mêmes, qu’on écrive un roman, un scénario ou une pièce. Ce qui change fondamentalement, c’est le point de vue. Dans un roman, le point de vue du narrateur peut être intérieur, on peut être dans l’intimité, dans les pensées du personnage, alors qu’au théâtre on perçoit la scène depuis le fauteuil du spectateur. On doit littéralement décrire ce que verra, entendra le spectateur, ce qui impose de traduire les pensées, les états d’âme, les émotions des personnages en termes de situation et de dialogues. C’est une écriture où le point de vue est forcément externe. Je pense que mon expérience de scénariste pour le cinéma influence mon travail en tant que romancière ou dramaturge. Ces différentes formes d’expression se nourrissent les unes des autres.
Est-ce qu’il y a un auteur de théâtre qui vous inspire, que vous aimez particulièrement ?
A dire vrai, j’aime des auteurs très différents. J’ai beaucoup lu Harold Pinter, Garcia Lorca qui écrit de si beaux personnages de femmes, et également Tennessee Williams, que j’ai eu l’occasion d’étudier et de jouer quand je prenais des cours de théâtre. Mes influences sont assez diverses.
Vous êtes également comédienne, réalisatrice et scénariste au cinéma mais vous n’avez pas encore signé de mise en scène de théâtre, est-ce que c’est un exercice auquel vous aimeriez vous prêter dans le futur ?
Rien n’est impossible. J’ai fait une école de cinéma, l’Ecole Louis-Lumière, j’ai donc une formation axée sur le cinéma. J’ai réalisé trois films (A la folie… pas du tout en 2002, Mes stars et moi en 2008 et La Tresse en 2023), mais je ne me suis jamais encore frottée à la mise en scène de théâtre. Ma curiosité naturelle me faisant rechercher des expériences nouvelles, je me dis pourquoi pas ? Pour ma première pièce, j’avais très envie de collaborer avec un metteur en scène.
(J’étais très curieuse de voir comment Ladislas Chollat allait s’approprier et réinventer mon texte. Ladislas a une vraie sensibilité aux mots, aux personnages, sa mise en scène repose sur un équilibre subtil entre comédie et émotion. C’est exactement ce que j’espérais pour ma pièce.)
Est-ce que vous travaillez sur un nouveau projet ?
Je termine actuellement la promotion de mon troisième film, La Tresse, adapté de mon roman. C’est un projet que j’ai porté pendant quatre ans, que nous avons tourné en Inde, en Italie, et au Canada, avec une distribution internationale. Je viens également de publier un livre sur l’aventure du tournage, qui mêle cinéma et littérature : Le voyage de La tresse. Et j’ai un nouveau projet de roman, mis en attente depuis un moment pour tourner le film. Je veux continuer à travailler pour le cinéma, la littérature et le théâtre. J’ai des idées plein la tête.
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